L’escadron de chasse 2/4 La Fayette s’appuie sur plus de 110 années d’histoire. Un patrimoine riche que nous chérissons et qui fait partie de l’ADN de nos membres. Cette transmission nous pousse à la réflexion sur le passé mais également sur l’avenir….
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N124 Tête de Sioux
L’escadrille N124 « Sioux » est l’une des unités les plus prestigieuses de l’histoire de l’aviation militaire française. Créée le 18 avril 1916 à Luxeuil-les-Bains sous l’appellation Escadrille Américaine N124, elle regroupe des pilotes volontaires américains venus combattre aux côtés de la France avant l’entrée officielle des États-Unis dans la Première Guerre mondiale. Placée sous le commandement du capitaine Georges Thénault, l’unité est équipée de chasseurs Nieuport 11 et s’illustre rapidement dans les combats aériens de Verdun et du front occidental.
En décembre 1916, l’escadrille prend officiellement le nom d’Escadrille La Fayette, en hommage au marquis de La Fayette, héros de la guerre d’indépendance américaine. À cette occasion apparaît son emblème devenu célèbre : la tête de Sioux, dessin inspiré d’une représentation d’un Amérindien, symbole de courage, de liberté et de fraternité d’armes entre la France et les États-Unis.
Après l’entrée en guerre des États-Unis en avril 1917, les pilotes américains rejoignent progressivement l’armée américaine pour former le 103rd Aero Squadron, première escadrille de chasse américaine. Les traditions de la N124 sont cependant conservées au sein de l’aviation française.
Entre les deux guerres, la N124 est intégrée au Groupe de Chasse II/5, où elle poursuit sa mission de défense aérienne. Durant la Seconde Guerre mondiale, elle combat au sein du Groupe de Chasse 2/5 « La Fayette », participant aux campagnes de libération de la France et de l’Allemagne. Après-guerre, elle prend part aux opérations en Indochine puis en Afrique du Nord, tout en modernisant progressivement ses équipements.
Au fil des décennies, la N124 vole sur plusieurs avions emblématiques de l’Armée de l’Air : P-47 Thunderbolt, De Havilland Vampire, Dassault Ouragan, Republic F-84F Thunderstreak, Mirage IIIE, Mirage 2000N puis, depuis 2018, sur le Rafale au sein de l’Escadron de Chasse 2/4 « La Fayette ».
Aujourd’hui, la N124 « Sioux » demeure l’une des escadrilles les plus emblématiques de l’Armée de l’Air et de l’Espace. Héritière de l’esprit des volontaires américains de 1916, elle perpétue des traditions centenaires de courage, d’excellence et de fraternité d’armes, symbolisées par sa célèbre tête de Sioux, l’un des insignes les plus connus de l’aviation militaire française.


SPA 96 Gaulois
La SPA 96 « Gaulois » est une escadrille de chasse créée le 1er juillet 1917 sous l’appellation N 96. Initialement équipée d’avions Nieuport, elle adopte le SPAD en février 1918, devenant alors officiellement la SPA 96. Son insigne représente la tête d’un guerrier gaulois, symbole de bravoure, de détermination et de l’esprit combattant qui caractérisent l’aviation de chasse française depuis la Première Guerre mondiale.
Après la Grande Guerre, la SPA 96 poursuit son existence au sein de plusieurs unités prestigieuses de l’Armée de l’Air. Elle sert notamment au Groupe de Chasse I/6, participe à la campagne de France en 1939-1940, puis renaît en 1952 au sein de l’Escadron de Chasse 1/6 « Oranie ». Elle vole successivement sur De Havilland Vampire (Mistral), Douglas Skyraider, Mirage 2000N et, plus récemment, sur Dassault Rafale B.
Depuis le 1er septembre 2011, la SPA 96 « Gaulois » est la quatrième escadrille de l’Escadron de Chasse 2/4 « La Fayette ».
Aujourd’hui, la SPA 96 « Gaulois » perpétue plus d’un siècle de traditions aéronautiques. Son emblème, la tête de Gaulois, rappelle l’héritage des pionniers de la chasse française et demeure l’un des symboles historiques de l’Armée de l’Air et de l’Espace.


SPA 167 Cigogne de Romanet
La SPA 167 « Cigogne de Romanet » est une escadrille de chasse créée le 27 août 1918 à La Noblette (Marne). Elle est fondée par le lieutenant Bernard Barny de Romanet, l’un des grands as français de la Première Guerre mondiale, auquel elle doit son nom. Équipée de SPAD XIII, elle rejoint le prestigieux Groupe de Chasse 12, plus connu sous le nom de « Groupe des Cigognes ». Son insigne représente une cigogne aux ailes relevées, symbole de l’Alsace et de l’esprit offensif de la chasse française. Durant les derniers mois du conflit, l’escadrille remporte dix-sept victoires homologuées sans subir de perte, un bilan remarquable qui contribue à sa renommée.

Dissoute en 1919, la SPA 167 renaît en 1931 lorsque ses traditions sont reprises au sein du Groupe de Chasse II/5 « La Fayette », aux côtés de la N124 « Sioux ». Depuis cette date, les deux escadrilles servent ensemble sans interruption, perpétuant l’héritage des unités de chasse les plus prestigieuses de l’Armée de l’Air. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la SPA 167 combat sur Curtiss H-75 Hawk, puis participe aux campagnes de la Libération sur Republic P-47 Thunderbolt.
Au cours de la seconde moitié du XXᵉ siècle, la SPA 167 vole successivement sur De Havilland Vampire, Dassault Ouragan, Republic F-84F Thunderstreak, Mirage IIIE puis Mirage 2000N et enfin depuis 2018 de RAFALE.
Aujourd’hui, la SPA 167 « Cigogne de Romanet » perpétue plus d’un siècle de traditions militaires. Son emblème, la cigogne aux ailes relevées, rend hommage à son fondateur, le lieutenant Bernard Barny de Romanet, as de la Grande Guerre crédité de 18 victoires aériennes homologuées. Au sein de l’Escadron de Chasse 2/4 « La Fayette », elle vole aux côtés de la N124 « Sioux », de la SPA 81 « Lévrier » et de la SPA 96 « Gaulois », perpétuant l’héritage des grandes escadrilles historiques de l’Armée de l’Air et de l’Espace.

Un Rafale dont la dérive a été décorée pour l’événement a décollé pour la cérémonie. Il a effectué un passage lent aux côtés d’un T-6, ancien aéronef ayant appartenu au 2/4.
SPA 81 Levrier
La SPA 81 « Lévrier » est créée le 26 décembre 1916 sous l’appellation N 81. Elle devient SPA 81 en octobre 1917 après sa transformation sur SPAD VII. Son insigne représente un lévrier bondissant, devenu l’un des emblèmes les plus célèbres de l’aviation de chasse française. L’escadrille est remarquable par le fait qu’elle n’a jamais été dissoute depuis sa création.
Depuis 2018, la SPA 81 « Lévrier » rejoint les autres escadrilles du « La Fayette » sur le Dassault Rafale B. Elles perpétuent ensemble les traditions héritées de la Première Guerre mondiale tout en assurant aujourd’hui les missions de la composante aéroportée de la dissuasion nucléaire française.



Les débuts pendant la première guerre mondiale
L’histoire débute le 18 avril 1916, avec la création à Luxeuil-les-Bains de l’Escadrille Américaine N124. Constituée de pilotes volontaires américains venus combattre sous uniforme français avant même l’entrée en guerre des États-Unis, elle est commandée par le capitaine Georges Thénault. Afin d’éviter tout incident diplomatique avec l’Allemagne, l’unité est rapidement rebaptisée Escadrille La Fayette, en hommage au marquis de La Fayette, héros français de la guerre d’indépendance américaine.

Équipée de chasseurs Nieuport puis SPAD, l’escadrille participe aux plus grands combats de la Première Guerre mondiale. Ses pilotes effectuent plus de 3 000 missions de combat et remportent une centaine de victoires aériennes. L’emblème de la tête de Sioux, choisi par les aviateurs américains, devient rapidement un symbole mondial de courage et de fraternité d’armes.

L’entre deux guerre
Après une dissolution entre 1919 et 1933, les escadrilles françaises sont redistribuées.
La création du Groupe de Chasse II/5 « La Fayette »
Le 1er mai 1933, les traditions de l’Escadrille La Fayette sont officiellement confiées au Groupe de Chasse II/5, basé à Reims. Cette unité prend alors le nom de « La Fayette » et devient l’héritière officielle de la N124.
Le groupe comprend deux escadrilles :
- N124 « Sioux », qui conserve la célèbre tête de Sioux.
- SPA 167 « Cigogne de Romanet », héritière d’une unité créée en 1918.
Le commandement souhaite ainsi réunir sous une même bannière deux escadrilles prestigieuses afin de perpétuer l’héritage des volontaires américains et des as français de la Grande Guerre.

La modernisation de la chasse française
Au cours des années 1930, le Groupe de Chasse II/5 participe à la modernisation de l’Armée de l’air nouvellement créée (1934). Les pilotes s’entraînent intensivement aux nouvelles tactiques de combat aérien et reçoivent successivement plusieurs appareils modernes :
- Nieuport-Delage NiD 62 ;
- Blériot-SPAD S.510, dernier chasseur biplan français ;
- puis, à partir de 1938-1939, le Curtiss H-75A, un chasseur américain moderne qui équipera le groupe au début de la Seconde Guerre mondiale.

Le II/5 participe à de nombreux exercices nationaux, démonstrations aériennes et entraînements de tir et de combat. Il développe une solide réputation d’excellence au sein de la chasse française.
À la veille de la Seconde Guerre mondiale
Lorsque la guerre éclate en septembre 1939, le Groupe de Chasse II/5 « La Fayette » est considéré comme l’une des meilleures unités de chasse de l’Armée de l’air. Équipé du Curtiss H-75A, il est immédiatement engagé dans la défense du territoire français.

La seconde guerre mondiale
En 1939, le Groupe de Chasse II/5 est équipé de Curtiss H-75 Hawk, parmi les meilleurs chasseurs alliés du début du conflit. Malgré l’infériorité numérique face à la Luftwaffe, les pilotes du « La Fayette » remportent de nombreuses victoires pendant la campagne de France.
Après l’armistice de 1940, l’unité est dissoute puis reconstituée en Afrique du Nord. Elle participe ensuite à la libération de la France aux commandes de Republic P-47 Thunderbolt, menant des missions d’appui au sol, d’escorte et d’attaque jusqu’à la victoire de 1945. Son comportement exemplaire lui vaut plusieurs citations et le droit au port de la fourragère.
Un élément clef de la dissuasion nucléaire
En 1988, le « La Fayette » reçoit le Mirage 2000N, spécialement conçu pour la mission de dissuasion nucléaire avec le missile ASMP. Installé sur la base aérienne 116 de Luxeuil-Saint-Sauveur, l’escadron devient l’un des piliers de la composante aéroportée de la dissuasion française.
En 2011, dans le cadre de la réorganisation de l’Armée de l’air, l’escadron quitte Luxeuil pour rejoindre la base aérienne 125 d’Istres. Il conserve sa mission stratégique et participe également à de nombreuses opérations extérieures, notamment Harmattan en Libye, où son engagement est récompensé par une Croix de la Valeur militaire avec palme.
En 2018, l’Escadron de Chasse 2/4 « La Fayette » rejoint la Base aérienne 113 de Saint-Dizier-Robinson et s’équipe de RAFALES, avion de combat omnirôle de dernière génération.
Il regroupe aujourd’hui quatre escadrilles historiques :
- N124 « Sioux »
- SPA 167 « Cigogne de Romanet »
- SPA 81 « Lévrier »
- SPA 96 « Gaulois »
Le Rafale permet à l’escadron d’assurer simultanément des missions de dissuasion nucléaire, de défense aérienne, de reconnaissance, de frappes conventionnelles et de projection de puissance sur les théâtres d’opérations extérieurs.

